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Quand mon ado pète MES plombs

Comment éviter l'effet cocotte-minute?
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Introduction

Comme le temps passe vite ! On a à peine le temps de dire « ouf ! » que nos enfants sont déjà adolescents. Votre fille n’arrête pas de parler de fringues et de commentaires (sur sa personne) lus sur les réseaux sociaux. Des heures interminables qu’elle passe dans la salle de bain ou avec ses copines (au choix) ! Votre fils, lui, ne tient plus en place. Une pile électrique vous paraît plus calme que lui. Il s’enferme seul dans sa chambre et vous ne savez pas ce qu’il fait. Faut-il s’en inquiéter ? Et vous de penser : « Et s’il se droguait ? My God, tout mais pas ça !!! » et de vous demander : « Est-ce que j’ai le droit de fouiller dans sa chambre quand il n’est pas là ? Oui mais, si c’est pour son bien, j’ai le droit, non ? ». En fait vous voulez juste savoir. Avant votre enfant vous racontait tout et vous demandait conseil, maintenant c’est à peine si vous existez pour lui. Et ça vous donne une sensation affreuse. Comme si vous ne pouviez plus rien contrôler. Bref, de quoi faire exploser votre cerveau au minimum une fois par jour !

Dans cet article nous aborderons d’abord la question du pourquoi. Qu’est-ce qui s’est passé pour que vous en arriviez là, à ne plus comprendre votre propre enfant ? Ensuite nous réfléchirons à la gestion des émotions. Dois-je gérer mes propres émotions ou celles de mon ado ? Ou alors les deux ? Oui mais comment faire quand on est au bord du coma ? (Oufti, ça vous fait aussi penser à votre crainte du coma éthylique pour votre ado). Et aussi, nous répondrons à la question : pourquoi s’éloigne-t-il de moi ? Nous verrons également comment continuer à (bien) vivre quand on a le sentiment que notre enfant nous déteste.
Comme à chaque fois, je vous propose de prendre vos petites feuilles autocollantes et d’y noter les phrases qui vous parlent le plus. Collez-les ensuite sur votre frigo afin qu’elles puissent être à portée de main pour éviter l’effet cocotte-minute avec vos enfants.

Je ne reconnais plus mon enfant

Depuis quelques mois, votre fille de 14 ans est devenue une femme (du moins, en apparence) et met des décolletés plus plongeants que les vôtres. Bon, je vous entends préciser : « Oui mais pas à l’école : je vous rassure ». Votre fils de 16 ans, lui, porte des jeans dont vous ne sauriez même pas décrire la forme. Il regarde son père de haut, au sens propre mais c’est toujours ça pour lui. Peut-être qu’il a une copine ? En fait, vous n’en savez rien tout simplement parce qu’il est devenu muet sur sa vie privée. Oui mais, ça vous rassurait quand vous saviez ! Il n’y a pas si longtemps, vous saviez quand il changeait d’amoureuse parce qu’il vous parlait. Là, on dirait qu’il s’est réfugié sur une île déserte à laquelle vous n’avez aucun accès, même pas en hélicoptère (si vous en aviez un).
Si vous avez de la chance, votre ado est gentil. Il se contentera de vous dire que vous n’y connaissez rien à rien, que vous n’avez jamais été amoureuse, que vous êtes nulle, que vous êtes « pas trop mal sapée pour une vieille ». Par contre, si la crise est vraiment forte, il se peut qu’il vous ait déjà insultée (vous n’auriez jamais osé, je sais bien), voire repoussée ou poussée tout court. Menacée aussi, c’est possible, du style : « si tu ne me laisses pas tranquille j’me casse de cette baraque !!! ». Même s’il sait que vous savez qu’il ne saurait pas où aller, il est tout à fait possible qu’il vous ait lâché une telle phrase. Alors que faire si ça vous arrive ? Comment faut-il réagir ? Justement, c’est là le secret : il ne faut pas (trop) réagir.

Comment puis-je l’aider à gérer sa colère ?

Il n’y a pas si longtemps, votre enfant pleurait pour un oui ou pour un non. Quand on l’ennuyait à l’école, quand il avait une mauvaise note, quand le chat ne se laissait pas caresser, quand il n’arrivait pas à dormir, quand ses amis ne lui parlaient plus… bref : quand il souffrait. C’était assez facile pour vous de le consoler. Vous le preniez dans vos bras et… hop ! Le tour était joué. Là, depuis quelques mois (ou années), il se met en colère au quart de tour. Quand on l’ennuie à l’école, quand il a une mauvaise note, quand le chat ne se laisse pas caresser, quand il n’arrive pas à dormir, quand ses amis ne lui parlent plus… bref : quand il souffre. La seule différence, c’est qu’il ne vous dit pas pourquoi il est en colère ! Avant au moins, vous saviez pourquoi il était triste. Mais voilà : une émotion en chasse une autre. Du moins, en apparence. Vous allez comprendre.

Donc, vous vous imaginez que c’est (en partie) de votre faute. Et si par miracle vous comprenez ce qui a provoqué cette émotion forte, voici un bon conseil : ne lui faites pas plein de bisous en lui disant « je suis là mon roudoudou d’amour ! ». Justement, c’est ça son problème : vous êtes là et vous ne comprenez RIEN ! Tout simplement parce que vous êtes une adulte et que pour lui vous ne pouvez PAS comprendre. Impossible (prononcez en anglais). Il ne vous a pas connue jeune donc à ses yeux, vous ne l’avez jamais été. Et puis vous payez des impôts donc vous vous êtes vendue à cette société capitaliste et vous obéissez à Big Brother. Tiens, demandez-lui peut-être s’il a lu « 1984 » de Georges Orwell. Si oui alors son prof de français y est peut-être pour quelque chose. M’enfin, qu’est-ce qu’on lui met dans le crâne à l’école ??? Il ne sait pas que Big Brother agit aussi à travers les réseaux sociaux ? Il y est pourtant à longueur de journée !
Bref, si vous ne comprenez pas ce qui lui arrive, ne vous inquiétez pas : c’est normal ! Je vous rassure aussi sur la gestion de ses émotions : non seulement vous ne pouvez pas l’aider mais en plus vous ne devez surtout pas essayer. Un peu de théorie et vous comprendrez mieux.

La distanciation et la différenciation : késaco ?

Jusque 18 ans (et parfois au-delà), votre ado se forge une personnalité. J’utilise expressément le verbe réflexif parce que c’est vraiment ça : c’est lui qui SE choisit un personnage qui lui correspond. Lui et pas vous. Il (elle) sera habillé.e et/ou maquillé.e de telle manière, il aura telle orientation sexuelle qu’il revendiquera auprès de ses copains, il adoptera un langage « jeune », il sera « cool ». Il boira un ou deux verres en soirée. Il critiquera les profs et les parents, les politiciens et les acteurs ou chanteurs qui ne lui conviennent pas. Il passera des heures sur les réseaux sociaux. Etc. Si vous fouillez dans vos souvenirs ça vous dira peut-être quelque chose (à part que vous, c’était le forfait téléphone qui explosait en même temps que vos parents).

Règle d’or n°1 : Ne pas le questionner

Votre ado revendique le fait d’être différent de vous ? C’est tant mieux, soyez rassurée ! Même s’il vous imite un peu (de manière inconsciente bien entendu), il s’en défendra. Donc, ne vous mêlez surtout pas de sa vie privée. Ne lui posez pas de questions. Si vous avez de la chance il vous lâchera des bribes d’information pour que vous puissiez dormir un peu la nuit (et le laisser tranquille par la même occasion). Mais ne le questionnez jamais sur des sujets délicats. Ou même parfois d’autres qui le sont moins. Car il fait ce qu’il veut quand il veut ! De moins, il le pense. Et c’est bien qu’il le croit ! Essayez de le contredire le moins possible.
Au niveau des émotions, il peut ressentir de la colère contre vous mais aussi du dégoût voire de la haine. Tout ça est normal et si tout se passe bien, ça ne durera pas. Le ressentiment envers les parents lui permet tout simplement de mettre une distance entre lui et vous.

Règle d’or n°2 : Laissez-le vivre sa vie

Bon ok vous pouvez (et vous devez même) lui imposer quelques règles. Il en a besoin parce qu’il ne sait pas lui-même où sont ses limites. Mais essayez de négocier avec lui. Par exemple le « je t’attendrai à la sortie de la discothèque à minuit pile, c’est comme ça et pas autrement si tu veux sortir » deviendra « appelle-moi quand tu veux rentrer et je viendrai te chercher là où tu me diras. Je peux aussi ramener ton copain chez lui si tu veux ». Vous passerez alors pour une mère cool au lieu d’être une mère contrôlante. N’hésitez pas à lui glisser à l’oreille que quand vous aviez son âge vous deviez rentrer avant minuit et que votre père vous attendait à la sortie au vu de tous vos amis. Il se sentira différent de vous et aura (peut-être) un peu de compassion pour l’ado que vous étiez.
Vous l’aurez compris : la distanciation veut dire que votre fiston ou votre fille chérie a besoin d’établir une certaine distance avec vous. Et la différenciation signifie qu’il ou elle DOIT être différent.e de vous. Le plus différent possible étant le mieux. Quitte à vous rejeter avec colère si vous ne comprenez pas ce principe. C’est vital pour son développement non seulement que vous compreniez mais aussi que vous acceptiez cela. Croyez-moi !

Comment puis-je gérer MES émotions ?

Si votre enfant devenu adolescent vous mène la vie impossible, il y a fort à parier que vous soyez dans tous vos états. C’est tout à fait normal que cela vous touche autant. Il est primordial que vous ne pensiez JAMAIS qu’il ne vous aime plus, même s’il vous le dit (en général il dira qu’il vous déteste). Car c’est totalement faux. Même s’il le cache bien. Même s’il vous traite de tous les noms.
Un autre précieux conseil que j’aimerais vous donner, c’est de vous opposer le moins possible à lui. Car son jugement est faussé. Si vous n’arrêtez pas de le contredire, il pensera que vous ne l’acceptez pas comme il est ou que vous ne voulez pas le voir grandir. Alors que c’est vital pour lui de trouver une certaine liberté et de s’émanciper un tant soit peu. Depuis qu’il marche, il est autonome. Pourquoi alors l’empêcheriez-vous d’être libre de ses mouvements sans crier gare ?
A vous donc de gérer votre tristesse, votre angoisse, votre désespoir ou tout autre sentiment négatif qui pourrait surgir en vous que vous ne puissiez pas contrôler. Et même si c’est difficile et que vous avez l’impression que votre enfant ne vous respecte plus, respectez-le, lui ! Car pour lui un manque de respect tels que des moqueries ou du dénigrement risquent fort de détruire sa confiance en lui ou, pire, son estime de lui. Si vous abîmez ça, cela risque de durer à jamais. Son ressentiment à lui rejaillira plus tard alors qu’il aura complètement oublié qu’il vous a aussi manqué de respect. Et s’il s’en rappelle une fois devenu adulte, il se peut que vous en riiez un jour, tous les deux… à condition donc que vous ayez réfréné VOS émotions !

Conclusion

Vous l’aurez compris : quoiqu’il se passe avec votre ado, n’en faites pas une affaire personnelle. S’il vous traite mal, ce n’est pas contre vous. Même s’il n’en a pas l’air, il vous aime. Il se crée une personnalité qui doit être différente de la vôtre. Coûte que coûte. Si vous ne le laissez pas être pour devenir, il vous le fera payer d’une manière ou d’une autre. Un jour ou l’autre. Et s’il est calme contrairement aux autres jeunes de son âge, la tempête peut surgir à l’âge adulte, sans que vous ne l’ayez vue venir. Et là ça risque de faire VRAIMENT mal !!!

Si vous voulez rester en interaction avec lui, demandez-lui ce qui lui ferait plaisir. Il y a des chances qu’il vous dise autre chose que « fiche-moi la paix ! ». Une virée shopping plaira TOUJOURS à votre fille. Enfin, je voulais dire : une somme d’argent destinée à une virée shopping (avec ses copines). Un concert en plein air plaira TOUJOURS à votre fils. Surtout si vous vous contentez d’acheter une place pour lui (et pas pour vous).
Alors en attendant que jeunesse se passe, je vous conseille de penser à vous. C’est l’objectif principal de ce blog. Je vous ne le dirai jamais assez…

 

Catherine de VOGHEL, psychologue, coache parentale et spécialiste en communication.

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